Enfermé dans son bunker, Than Shwe, le maître de la Birmanie, évite toute apparition publique dans son pays dévasté. Ventre rebondi, uniforme kaki orné de médailles, pistolet à
la ceinture, le général Than Shwe est le numéro un de la junte birmane depuis 1992. Pendant que son peuple meurt de faim, ce dictateur de 75 ans vit dans le luxe de ses palais
Than Shwe (né à Kyaukse le
2 février 1933) est le
plus haut dirigeant de la junte du Myanmar (Birmanie).
Il travaille dans le service postal birman, quand à l'âge de 20 ans, il s'engage dans l'armée, où il reste pendant quelques années dans le département de la guerre psychologique et lutte contre les rebelles Karens.
En 1960, il est promu capitaine. Après le coup d'État qui évince le 1er ministre U en 1962, il continue à monter dans les rangs : Il est lieutenant-colonel en 1972, colonel en 1978, commandant du district militaire du Sud-Ouest en 1983, vice-chef de l'état-major de l'armée, général de brigade et vice-ministre de la défense en 1985 et enfin général-major en 1986.
Il obtient aussi un siège parmi les dirigeants du parti du comité central exécutif. Le 23 avril 1992, il succède au général Saw Maung comme président du State Law and Order Restoration Council (SLORC), l'équivalent de chef d'État du Myanmar. Il a gardé la tête de cette institution au moment de son renommage en State Peace and Development Council ("Conseil d'État pour la Paix et le Développement", SPDC) en 1997.
Réputé introverti et superstitieux, il apparaît rarement en public. Dirigeant son pays d'une main de fer, hostile à tout dialogue avec l'opposition, il est considéré comme le principal obstacle à la réconciliation nationale et au retour à la démocratie.
En 2003, il a supervisé la réarrestation de l'opposante au régime, et prix Nobel de la paix, Aung San Suu Kyi, qui avait été provisoirement remise en liberté. Il serait aussi à l'origine du renvoi et de l'arrestation en 2004 de l'ex-premier ministre Khin Nyunt, partisan modéré de l'ouverture.

Il entretient des relations difficiles avec son numéro deux, le général Maung Aye, officier impitoyable, mais respecté par ses soldats, qui a
enchaîné les postes de commandement de région. Dans un climat de rivalités personnelles et de luttes permanentes de clans, le spécialiste des purges internes s'impose et a aujourd'hui la mainmise
sur tout l'appareil du Conseil d'État pour la paix et le développement, l'organe qui dirige le pays. Persuadé qu'il est le seul à pouvoir maintenir l'unité du pays, il recule sans cesse le moment
de passer le flambeau à la génération suivante de militaires. Il devra s'y résoudre, son bulletin de santé n'est pas fameux. Il aurait récemment montré des signes de démence et aurait de longues
absences. Il souffre de diabète et d'un cancer du pancréas. Ses reins le lâchent. Et il doit se reposer six heures par jour, selon une source militaire.
Il peur du monde et protège son pouvoir et les intérêts de sa famille.
Mais Than Shwe s'accroche encore au pouvoir et veut protéger les intérêts de sa famille. C'est pour cette raison qu'il tient tant à ce référendum sur la Constitution, censé «ouvrir la voie à des
élections multipartites en 2010», à l'issue desquelles les militaires ont promis de transférer le pouvoir de l'État à des civils. En fait, c'est l'association du développement et de la
solidarité, une organisation de masse que Than Shwe patronne depuis 1993 et compterait 15 à 18 millions d'adhérents sur 47 millions d'habitants, qui devrait prendre le relais. Les
manœuvres obscures n'ont pas fini d'agiter les hiérarques de la junte.
Pourtant, le général Than Swhe n'est pas le crétin que dépeignent ses nombreux détracteurs. En 2004, l'animal a réussi à se débarrasser en 24 heures top chrono du général Khin Nyunt qui, de son poste de numéro 3 de la junte, passait pour l'homme fort du régime. Pas évident de faire arrêter d'un claquement de doigts le chef de la sécurité militaire, dont les réseaux de dizaines de milliers d'agents, contrôlaient tous les rouages du régime. Le problème de Than Shwe est plutôt qu'il perd peu à peu la boule... Aujourd'hui, l'homme règne entouré de mages férus de numérologie. Le déménagement inattendu de la capitale du pays à Naypidaw, en pleine cambrousse, à 400 km de Rangoon, est à ranger dans les exploits du général agissant sur instigation de ses mages. Fin 2005, à l'heure et avec un nombre de camions fixés par les astrologues du général, le déménagement des ministères de Rangoon s'était déroulé dans une indescriptible pagaille, une sorte de cyclone à sec et sans vent....
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Il déménage même sa Capitale, PYINMANA, LA NOUVELLE CAPITALE DU MYANMAR
Une dictature militaire féroce dirige l'Union de Myanmar (ex-Birmanie) depuis plus de 40 ans. Ce régime totalitaire a commencé, le 7 novembre
2005, à déplacer les administrations centrales de Rangoun (Yangoun), l'ancienne capitale, vers Pyinmana. Cette ville, de près de 85 000 habitants, est située à 380 Km au Nord de Rangoun. Elle va
accueillir, dans ses environs, les principaux ministères-clés (intérieur, défense, affaires étrangères, transports, énergie, agriculture, information c'est-à-dire la propagande) de la junte.
A vous de répondre à la question, est il fou ?
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