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Croix-Rouge et l'ONU s'alarment de la lenteur des secours à plus de deux millions de sinistrés qui ont tout perdu en Birmanie. Deux semaines après le cyclone, une crise humanitaire de grande
ampleur est en cours, alors que le bilan de la catastrophe continue de s'alourdir
«Nous sommes confrontés à une catastrophe humanitaire exceptionnellement grave», déclare vendredi le secrétaire général de la Fédération des sociétés de la Croix-Rouge, Markku Niskala.
Pour les humanitaires, environ un quart seulement des deux millions de sinistrés a reçu jusqu'ici une assistance internationale et il faut faire bien davantage.
«Jusqu'à deux millions de personnes sont touchées et beaucoup d'entre elles n'ont encore ni abris, ni eau potable, ni nourriture et seulement un accès limité aux soins de santé», rappelle Markku Niskala.
«Les prochains jours seront cruciaux», avertit la porte-parole du Bureau des Affaires humanitaires de l'ONU à Genève, Elisabeth Byrs, faisant état de «légers progrès» et de «petits signes de flexibilité» de la part de la junte birmane.
Parallèlement, la télévision d'Etat a affirmé que le bilan du cyclone s'élève désormais à 77'738 morts et 55'917 disparus.
Tension entre la Birmanie et la France autour de le mission humanitaire du "Mistral"
Le "Mistral" (photo en haut) attend toujours l'autorisation d'accoster en Birmanie
Le Mistral, bâtiment de la marine nationale française, est arrivé dans la nuit de vendredi 16 à samedi 17 mai au large des côtes birmanes sans qu'un accord soit encore intervenu sur la délivrance du fret humanitaire dont il est chargé, a annoncé samedi l'état-major des armées."Depuis samedi 17 mai à 4 heures locales - vendredi 23 heures 30, heure de Paris-, le Mistral navigue au sud du delta de l'Irrawady, à l'extérieur des eaux territoriales birmanes d'une largeur de douze nautiques (22 kilomètres)", a précisé l'état-major dans un communiqué. Le Mistral est chargé de 1 000 tonnes de fret humanitaire permettant de nourrir 100 000 personnes pendant 15 jours et de fournir un abri à 60 000 sinistrés, victimes du cyclone Nargis. "Les modalités de délivrance de cette aide ne sont pas encore définies", poursuit l'état-major, précisant qu'elles font toujours "l'objet de négociations avec les autorités birmanes".
L'ambassadeur birman aux Nations unies a accusé vendredi la France d'avoir dépêché "un navire de guerre" au large de ses côtes, ce qu'a catégoriquement démenti le représentant permanent de Paris à l'ONU, Jean-Maurice Ripert. Ce dernier a rapporté l'échange de propos très vifs qui l'a opposé, pendant son discours devant l'assemblée générale, à son homologue birman, Kyaw Tint Swe, après un discours du secrétaire général Ban Ki-moon. "J'ai été interrompu après la première phrase de mon intervention par l'ambassadeur du Myanmar, qui dénonçait l'envoi par la France d'un bâtiment de guerre en Birmanie", a dit le diplomate français. " Ce n'est pas vrai".
Selon Jean-Maurice Ripert, le Mistral, utilisé de manière ponctuelle dans le cadre de missions humanitaires n'a
toujours pas reçu d'autorisation d'accoster de la part des autorités."Nous sommes toujours actuellement en train de convaincre la Birmanie de nous laisser pénétrer sur son territoire", a
dit le représentant français. "Le bâtiment croisera au large des côtes du delta, dans les eaux internationales. Nous espérons toujours ne pas essuyer un refus de leur part". Le régime
birman continue de limiter sévèrement le déploiement de travailleurs humanitaires étrangers dans les zones méridionales les plus affectées par la catastrophe. Le cyclone a fait plus de 133 000
morts et disparus et quelque deux millions de sinistrés dont la majorité n'a pas reçu d'aide, selon l'ONU.
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Le premier avion de l'Onu est arrivé en Birmanie
Après deux jours de tergiversations, la junte militaire a finalement autorisé les Nations unies à acheminer de l'aide alors que le bilan du passage du cyclone Nargis
pourrait atteindre 100.000 morts. Washington attend toujours, en revanche, le feu vert des autorités locales.
Le
premier avion d'aide de l'ONU a atterri jeudi 8 mai en Birmanie, six jours après le passage du cyclone Nargis qui a fait des dizaines de milliers de morts et de disparus, a annoncé un
porte-parole du Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies à Bangkok.
"Un avion cargo du PAM transportant de l'aide des Nations unies a atterri à Rangoun", l'ex-capitale et principale ville birmane, a indiqué le porte-parole, Paul Risley.
Le vol était "organisé par le ministère italien des Affaires étrangères et venait de Brindisi en Italie", a-t-il ajouté.
Le porte-parole a précisé qu'un deuxième appareil du PAM, en provenance de la même ville, pourrait suivre. Mais il n'a pas indiqué quand.
Mercredi soir, un bilan officiel encore provisoire du passage du cyclone faisait état de 22.980 morts et 42.119 disparus. Mais d'autres chiffres bien plus lourds circulaient, les Américains
évoquant un bilan susceptible de dépasser les 100.000 morts.
Acheminement
Le chargement de l'avion du PAM doit être rapidement acheminé dans le delta de l'Irrawaddy (sud), où l'on recensait les plus gros dégâts matériels et humains. Parmi la cargaison de ces quatre
appareils, se trouve notamment 45 tonnes de biscuits énergétiques. Plus tôt, Paul Risley, un porte-parole du PAM, avait précisé que trois appareils attendaient toujours de décoller de Dubaï, du
Bangladesh et de Thaïlande. Le quatrième avion-cargo, un vol programmé de la Thai Airways, pourrait être autorisé de convoyer quelques cartons de biscuits dans la journée du 8 mai.
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Le bilan des victimes du cyclone Nargis qui a ravagé ce week-end plusieurs régions du sud de la Birmanie s'établit à plus de 10'000 morts, a annoncé la télévision d'Etat. Des
milliers d'autres personnes pourraient avoir péri dans la catastrophe.Officiellement, 2129 personnes sont en outre portées disparues, a ajouté la chaîne de télévision MRTV, précisant que des
dizaines de milliers d'autres pourraient avoir trouvé la mort dans les localités reculées de Bogalay et de Labutta, dans le delta de l'Irrawaddy (sud-ouest).
Le bilan du cyclone Nargis en Birmanie atteint au moins 10.000 morts, a annoncé lundi le ministre birman des Affaires étrangères, Nyan Win. Il a également salué la promesse d'aide en médicaments
et nourriture du voisin thaïlandais en se déclarant favorable à une aide émanant d'autres pays.
Selon le porte-parole de la Fédération internationale de la Croix Rouge, contacté par 20minutes.fr, la priorité des secours est de trouver un logement aux villageois de la côte dont les
habitations ont été «ravagées complètement». Autre «priorité»: la distribution d'eau potable et de moustiquaires alors que les risques de propagation du paludisme grandissent. La Croix-Rouge,
l'une des principales ONG en Birmanie, a débloqué dimanche soir 122.000 euros d'aide humanitaire.
Un homme de 60 ans, dans un abri de fortune, raconte qu'il se trouvait dans le centre de Rangoun quand le cyclone est arrivé. «De nombreux toits volaient au dessus de ma tête et j'ai dû me cacher derrière un bâtiment. C'était épouvantable. J'ai marché pendant quatre heures pour rejoindre ma maison qui a été à moitié détruite.»
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